Photos et cartes postales

Place Saint-Gervais, voiture à vapeur (v. 1878)

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Éditeur : Musée de l’Automobile, GenèveN° de carte : 8
Commune : GenèveLieu-dit : Saint-Gervais

Cette carte postale des années 1960, porte en son dos la mention : - Tableau de m 2.50x3.50 - Propriété du Musée de l’Automobile, de la Motocyclette et du Cycle - 20 bis, Quai du Cheval Blanc - 8 - Place Saint-Gervais vers 1878 - Voiture à vapeur (Système Bollée).

Saint-Gervais est un quartier de la ville de Genève situé sur une colline de la rive droite du Rhône, qui avec celui de la Cité forme la vieille ville de Genève. Depuis l’Antiquité déjà, on observe la division par le Rhône, d’une cité dont la rive gauche abrite les nantis et la rive droite le peuple laborieux, même si au Moyen Âge ces quartiers étaient réunis par une même enceinte de fortification de part et d'autre du fleuve, enceinte qui fut démolie en 1850. Le temple de Saint-Gervais a été érigé en son sommet, en un lieu privilégié qui a été occupé par l’homme depuis les temps les plus reculés et d’une manière quasi ininterrompue. Ancienne église construite au milieu du XVe siècle sur des fondations d'édifices antérieurs, le temple de Saint-Gervais, tel qu’il se présente de nos jours, est un exemple caractéristique de l’architecture locale de l’époque qui utilise principalement la brique de terre cuite. Il se compose d’une large nef à quatre travées et d’un chœur à deux travées et à chevet droit, le tout voûté aux croisées d’ogive et flanqué de chapelles. La tour-clocher, à section carrée, s’appuie contre la façade sud du chœur; dans sa face nord, s’ouvre une chapelle à deux doubles travées voûtées sur croisée d’ogive (bâtie vers 1478 pour la confrérie du Saint-Esprit). L'origine du sanctuaire élevé dans cette zone funéraire est très ancienne et remonte aux années 500, avec une première église construite sur les lieux datant du IVe siècle. Elle a été suivie par une église romane du Xe siècle qui sera profondément modifiée au cours du temps, en particulier suite à un incendie en 1345, puis est totalement reconstruite à partir de 1436 et dédiée à Saint-Gervais, donnant ainsi son nom au quartier qui l'entoure. Lors de l'instauration de la Réforme, l'édifice est dédié au culte protestant et il est alors transformé avec l'installation d'une chaire dans la nef et de tribunes le long du flanc nord qui seront détruites en 1903. Saint-Gervais constituait autrefois un quartier à forte population, au sein d’un périmètre limité, ceinturé par des murs et des fortifications, et on avait dû construire à l’intérieur même des cours et jardins d’autrefois, ce qui avait fini par donner le sentiment d’un entassement. Les façades des maisons s’élevaient en général sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée, les diverses arcades étaient occupées par les boutiques, épiceries, boucheries, cordonneries, salons de coiffure, laiteries, cafés et estaminets. Au-dessus on trouvait quatre ou cinq étages d’habitation construits en molasse et plus haut encore une surélévation de un, deux et parfois trois étages. Ceux-ci abritaient les ateliers des cabinotiers (artisans travaillant dans des petits cabinets, regroupés en plusieurs corps de métier en rapport avec le monde de l’horlogerie et de la bijouterie), aux hautes et nombreuses fenêtres juxtaposées et orientées vers la lumière nécessaires au travail précis des horlogers et bijoutiers. Une enfilade de toits imbriqués les uns dans les autres et des cheminées de divers gabarits coiffait le tout. Ces anciennes bâtisses, par leur configuration et leur population particulière, ont façonné plusieurs siècles durant un esprit propre à Saint-Gervais.

L’art des cabinotiers de Saint-Gervais, conjuguant minutie, précision technique et innovation a contribué à la renommée de Genève tout autant que la Réforme. Il a grandement soutenu la prospérité économique de la cité et a également insufflé au quartier, populaire mais cultivé, un esprit gouailleur, curieux et militant pour les grandes causes. Deux des enfants du quartier vont surtout contribuer à magnifier et populariser sur la scène politique et littéraire le mythe de Saint-Gervais : surtout Jean-Jacques Rousseau, issu d’une famille d’horloger, puis James Fazy. Actuellement, malgré les gigantesques transformations, tant sociales qu’architecturales, qui ont complètement bouleversé ce quartier, on continue à faire comme si de rien n’était et à célébrer, par des fêtes, par des publications, par des expressions (« ceux du Faubourg »), un Faubourg de Saint-Gervais perçu comme insensible à l’emprise du temps et surtout aux atteintes des hommes...

L’illustration représente une voiture à vapeur « La Mancelle » du fabricant français Amédée Bollée (1844-1917).

La famille Bollée avait une fonderie de cloches au Mans et Amédée Bollée, le père, avait construit dès 1873, un certain nombre de voitures expérimentales à vapeur et de tracteurs et il peut être considéré comme l'un des ancêtres en France de la locomotion motorisée, étant le premier constructeur à avoir commercialisé des automobiles. Sa première voiture, « L'Obéissante », date de 1873. Suivront ensuite « La Mancelle » de 1878 et « La Nouvelle » de 1880, ainsi que d'autres créations baptisées « Marie-Jeanne », « L'Avant-Courrière », « La Rapide » (1881) ou « La Julia ». « La Mancelle » (nom donné en honneur de la ville du Mans) présente de grandes originalités, avec une chaudière verticale arrière qui actionne les pistons d'un moteur unique à cylindres verticaux, placé pour la première fois sur une automobile à l'avant du véhicule, et protégé par un capot. Pour alimenter la chaudière, un réservoir d'eau est logé sous les sièges avant. Un arbre de transmission disposé sous la voiture attaque un différentiel par des engrenages coniques imprimant le mouvement à des demi-arbres, reliés aux roues par chaînes. La transmission est entièrement nouvelle, ainsi que l'ensemble du système de direction qui s'adapte au nouveau mode de suspension de la voiture (roues indépendantes avec pivots de direction entrecroisés par deux ressorts à lames transversaux superposés et fixés sur le châssis par le milieu), certainement l'invention la plus remarquable d'Amédée Bollée. Cette nouvelle version de suspension à roues indépendantes ne sera curieusement reprise que près d'un demi-siècle plus tard par plusieurs constructeurs automobiles. Vers 1880, le succès de ce type de voiture est tel qu'Amédée Bollée père occupe une cinquantaine d'ouvriers qui sortent des « Mancelles » carrossées soit en « calèche », soit en « chaise de poste ». Cette voiture est considérée comme la première voiture construite en série : une petite cinquantaine d'exemplaires ont été fabriqués et vendus.

Cette carte postale fait partie d’une série de sept cartes (indices 1425 à 1431).

Collection Bernard Hauert.



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