Photos et cartes postales

Le corbillard d'Andilly et de Saint-Blaise

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Éditeur : AmateurN° de carte : -
Commune : Beaumont (74)Lieu-dit : -

« Il avait vécu en accomplissant vaillamment sa tâche de corbillard sur les hauteurs du mont Sion. La Salévienne, pour conjurer le sort funeste qui lui était dévolu, l’avait remisé à l’abri, chez Jean-Louis Sartre. Juste retour des choses, l’association en fait don aujourd’hui, avec d’anciennes luges, à la maison du Père Noël à Andilly. Une seconde vie après une longue dormance… ». D. Miffon (Le Bénon n° 92 - avril 2016).

Ce corbillard hippomobile avait été acheté en commun par les communes d’Andilly et de Saint-Blaise, suite à une décision du conseil municipal de Saint-Blaise réuni en séance extraordinaire le 24 mars 1933 ; il fut payé au prorata de la population de chaque commune et il fut décidé qu’il serait garé dans le hangar des pompes à Charly. Ce moyen de transport n’a pas été utilisé très longtemps, du moins à Charly (commune d’Andilly), puis dans les années 1960 fut garé dans l'ancienne porcherie de Charly. Vers 1996 le corbillard fut offert à La Salévienne et entreposé dans le « conservatoire » de Beaumont, chez J.-L. Sartre, membre de La Salévienne. Quelques jours après ce déplacement la porcherie brûlait ! Le corbillard resta à Beaumont jusqu’au 2 avril 2016 date à laquelle il revint dans son village d’origine à Charly, où il trouvera un nouvel usage grâce à l’association « Andilly Loisirs ».

La première personne qui fut transporté est Emma Robert, née Lachat, sépulturée à Charly, le 14 avril 1935. Marc Etienne Cusin, dit Marquet, fut le premier pour Saint-Blaise ; sa sépulture eut lieu le Vendredi Saint 16 avril 1935 sans faire sonner les cloches. Il avait 57 ans et était mort subitement. Le corbillard était tiré par le cheval de Jean Jaccoud de Jussy, puis par le cheval de Henri Sauthier également de Jussy. Le dernier transporté fut Adolphe Sauthier de Jussy durant l’hiver 1962. Le corbillard fut ensuite remisé dans le hangar des pompes à incendie à Jussy. Des personnes de plus de soixante dix ans se souviennent qu’un dénommé Cipol, ouvrier venu d’Italie pour la construction du pont de La Caille, resté dans la région, aurait dormi quelque temps dans cet abri avant d’aller à l’hospice de Reignier. D’autres l’auraient utilisé pour faire des enterrements de vie de garçon vers 1968.

A noter que la commune d’Andilly possède deux cimetières et deux lieux de célébration des enterrements : la chapelle de Charly et l'église de Saint-Symphorien.

Michel Cusin-Brens mentionne ce corbillard dans l’annexe IX « Andilly (1927-1957), une paroisse de l’ancien temps » du livre « Andilly - Charly, Jussy et Saint-Symphorien, Pages d’histoire » :

« Les sépultures donnent lieu à des rassemblements considérables. Il n’y a pratiquement pas de sépulture civile. Même pour les suicidés, l’enterrement a lieu à l’église au bénéfice du doute, sauf cas exceptionnels trop difficiles à masquer. Le curé, les enfants de chœur et le clerc se rendent au domicile du défunt pour procéder à la levée du corps. Puis il y a cortège derrière le corbillard précédé du curé jusqu’à l’église. Quatre personnes proches du défunt ou de la défunte tiennent les cordons du poêle. On porte un cierge, appelé luminaire, cravaté de blanc ou de noir suivant que le défunt est marié (noir) ou célibataire (blanc). Ce cierge sera présenté chaque dimanche une année durant (entre la mise à l’anniversaire et la fin d’anniversaire) pendant le chant de l’absoute avant la grand-messe dominicale. À l’église, le cercueil, recouvert d’un drap blanc fourni par la famille et attribué ensuite au curé, et du poêle noir avec larmes d’argent, est déposé sur le catafalque. On chante le ‘Répons Subvenite Sancti Dei’, puis la messe de Requiem se déroule selon le rite romain, y compris avec le chant du ‘Dies irae’. Elle est suivie de l’absoute, puis le cortège se rend au cimetière toujours curé en tête suivi du corbillard, de la famille, des hommes et enfin des femmes. À la sortie du cimetière les parents alignés le long du mur rendent les honneurs. »

Une autre photo (plus animée !) du corbillard a été publiée dans le Bénon n° 92 avec pour légende. « Les joyeux drilles de La Salévienne : Patrimoine et us et coutumes, pour quel enterrement de vie de garçon les joyeux lurons s’en vont-ils ? N’en doutez-pas, ils accomplissent leur vocation de férus du patrimoine et de notre histoire… ». Voir le Bénon n° 92 d’avril 2016.

Merci à M. Baudrion, M. Brand, N. Cusin, M. et M.-T. Depraz, C. Mégevand, D. Miffon, G. Place, J.-M. Rattier et J.-L. Sartre.

Photo N. Cusin.



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